En bref : les peptides nootropiques sont des peptides et des dérivés peptidiques étudiés en laboratoire pour leur action sur le système nerveux : facteurs neurotrophiques comme le BDNF, plasticité synaptique, canaux ioniques. Semax et Selank ont la littérature la plus ancienne, Dihexa et PE22-28 visent des cibles précises, Adamax et Compound 7P sont des composés émergents encore peu publiés. Tous sont des réactifs de recherche.
Le mot « nootropique » a été forgé par le chercheur roumain Corneliu Giurgea, à qui l’on doit aussi le piracétam. Il désignait des composés qui agiraient sur les fonctions cognitives. Aujourd’hui, le terme couvre aussi bien des plantes que des racétams ou des peptides. Cet article se concentre sur les peptides et sur quelques composés récents, avec une règle simple : ne dire que ce que la littérature permet de dire.
Qu’est-ce qu’un peptide nootropique ?
Ce n’est pas une classe chimique. C’est un regroupement d’usage pour des peptides, ou des molécules dérivées de peptides, étudiés dans des modèles de neurosciences. Ils se distinguent des racétams classiques comme le Noopept, présentés dans Nootropiques : définition, familles et état de la recherche, par leur structure : des enchaînements d’acides aminés, souvent dérivés d’hormones ou de fragments de protéines naturelles.
Les peptides nootropiques les plus étudiés : Semax et Selank
Semax
Le Semax est un heptapeptide de synthèse, Met-Glu-His-Phe-Pro-Gly-Pro. Il dérive du fragment 4-10 de l’hormone adrénocorticotrope (ACTH), complété par une séquence stabilisante. Il a surtout été étudié dans des instituts russes. Les axes de recherche : l’expression du BDNF (facteur neurotrophique dérivé du cerveau) et la neuroprotection dans des modèles de stress cellulaire. Sa littérature comprend des études animales et cellulaires, et quelques travaux cliniques. PureChems le propose en flacon de 10 mg.
Selank
Le Selank est lui aussi un heptapeptide, Thr-Lys-Pro-Arg-Pro-Gly-Pro, dérivé de la tuftsine, un peptide immunomodulateur, avec la même logique de séquence stabilisante. Il est étudié dans des modèles animaux liés à l’anxiété et pour la signalisation du BDNF. Une étude de Kolik et coll. (2019, Bulletin of Experimental Biology and Medicine) a porté sur sa capacité à réguler le BDNF dans l’hippocampe et le cortex préfrontal du rat.
Les deux sont souvent comparés. Nous leur consacrons un article : Semax et Selank : deux neuropeptides comparés.
Pourquoi tant de travaux viennent-ils de Russie ?
Semax et Selank ont été mis au point dans des instituts russes, comme les biorégulateurs de Khavinson. Une bonne part de leur littérature paraît donc dans des revues russes, parfois traduites en anglais, parfois non. Pour un laboratoire francophone, cela signifie deux choses : vérifier si une étude citée est accessible dans son texte complet, et distinguer les travaux précliniques des quelques études cliniques, qui ne portent pas sur le matériel de recherche vendu comme réactif.
Dihexa : un dérivé de l’angiotensine IV
Le Dihexa est un peptidomimétique, une petite molécule construite sur un modèle peptidique. Il est issu de recherches sur l’angiotensine IV et étudié dans des modèles de neurosciences sur deux axes :
- Voie HGF / c-Met : la modulation de ce système de signalisation du facteur de croissance des hépatocytes.
- Plasticité synaptique : les effets sur la formation des synapses et la connectivité neuronale.
La synthèse de référence est celle de Wright, Kawas et Harding, publiée en 2015 dans Progress in Neurobiology, sur le développement d’analogues de l’angiotensine IV. Les données sont précliniques.
PE22-28 : un fragment de la spadine qui cible TREK-1
Le PE22-28 est un peptide de sept acides aminés. Pour comprendre d’où il vient, il faut remonter à la sortiline, une protéine aussi appelée NTSR3. Sa maturation libère un propeptide dont un fragment de 17 acides aminés, la spadine, bloque naturellement le canal potassique TREK-1. Le PE22-28 en est une version raccourcie, examinée comme forme compacte qui garde cette activité.
TREK-1 est un canal potassique à deux pores qui règle l’état électrique de repos des neurones. Les travaux sur la famille de la spadine portent sur :
- le blocage de TREK-1 en électrophysiologie ;
- des tests comportementaux de type antidépresseur chez le rongeur ;
- la neurogenèse dans l’hippocampe ;
- les relations structure-activité entre spadine, fragments courts et analogues rétro-inverso.
Deux références : Mazella et coll. (2019, Frontiers in Pharmacology) sur le rôle de la sortiline, et Veyssière et coll. (2015, Psychopharmacology) sur les analogues rétro-inverso de la spadine.
Composés émergents : Adamax et Compound 7P
L’Adamax et le Compound 7P appartiennent à une autre catégorie : celle des composés récents, dont la littérature publiée est encore mince. L’Adamax est fourni en flacon de 10 mg sous forme de poudre lyophilisée. Le Compound 7P est proposé en capsules de 10 mg, par boîte de 60, en précommande.
Avec ce type de composé, la méthode change :
- l’identité, la concentration et la pureté se lisent sur le certificat d’analyse du lot, pas dans des résumés trouvés en ligne ;
- on s’appuie sur les sources primaires quand elles existent ;
- on évite d’extrapoler à partir de composés voisins dont le nom ressemble.
Comparatif rapide
- Semax : heptapeptide dérivé de l’ACTH, BDNF et neuroprotection. Littérature la plus fournie.
- Selank : heptapeptide dérivé de la tuftsine, modèles d’anxiété et BDNF.
- Dihexa : peptidomimétique issu de l’angiotensine IV, HGF/c-Met et synapses.
- PE22-28 : fragment de sept acides aminés de la spadine, canal TREK-1.
- Adamax, Compound 7P : composés émergents, documentation surtout limitée au COA.
Manipulation au laboratoire
Les peptides lyophilisés se conservent scellés au froid, entre 2 et 8 °C, à l’abri de la lumière. Une fois reconstitués, ils se gardent au réfrigérateur et se répartissent en aliquotes pour éviter les cycles de congélation. Les capsules se gardent au sec et à l’abri de la lumière. Pour la reconstitution, voir notre méthode pas à pas.
Chaque lot PureChems est contrôlé en HPLC et en spectrométrie de masse par un laboratoire tiers, avec une pureté d’au moins 99 % et un certificat d’analyse. Envoi suivi et discret depuis l’UE.
Questions fréquentes
Qu’est-ce qu’un peptide nootropique ?
Un peptide ou dérivé peptidique étudié en laboratoire pour ses effets sur le système nerveux, par exemple sur le BDNF, les synapses ou des canaux ioniques. Ce n’est pas une catégorie réglementaire.
Quelle différence entre Semax et Selank ?
Le Semax dérive de l’ACTH, le Selank de la tuftsine. Les deux sont des heptapeptides stabilisés, étudiés notamment pour le BDNF.
Le Dihexa est-il un peptide ?
C’est un peptidomimétique : une petite molécule conçue à partir d’un modèle peptidique, l’angiotensine IV.
Que sait-on du Compound 7P ?
Peu de choses publiées. C’est un composé émergent dont l’identité et la pureté sont définies par le certificat d’analyse de chaque lot.
Ces composés sont-ils autorisés pour l’usage humain ?
Non. Ils sont fournis comme matériel de recherche uniquement.
Usage de recherche uniquement. Non destiné à la consommation humaine ou animale.